« Mix » T1 par Mitsuru Adachi

Une nouvelle année commence au collège Meisei. Tôma et Sôichirô Tachibana, deux frères âgés de 13 ans, préparent leur rentrée. On est en avril (l’été ne sépare pas deux années scolaires au Japon). Les garçons ont une sœur cadette âgée de 12 ans. Comme tous les enfants japonais, ils doivent participer à des activités extra scolaires. Et c’est vers le baseball qu’ils se sont tournés. Malheureusement, leurs qualités ne seront pas vraiment reconnues à leurs justes valeurs, le fils d’un puissant industriel accaparant toute l’attention de leur coach tyrannique…


Les trois héros de « Touch » dans la version animée diffusée en France sous le nom de « Théo ou la batte de la victoire »

En 1985, Mitsuru Adachi sortait son plus gros succès manga : « Touch » (1). Une adaptation animée, connue chez nous sous le nom de « Théo ou la batte de la victoire », fut diffusée en France dès septembre 1991 sur la cinquième chaîne de l’Italien Berlusconi.

Cette comédie, tournant autour d’un des sports les plus en vogue au Japon, s’est rendue populaire grâce au drame survenant dans le premier quart de son histoire.

Les trois héros de « Mix »

Je ne vous en dis pas plus si vous ne l’avez pas vue, mais les plus vieux d’entre-nous se souviendront certainement être restés scotchés devant leur petit écran pour suivre les exploits de Théo, même s’ils ne comprenaient souvent rien aux règles du baseball…

Le cadre de « Mix » est le même, 26 ans plus tard. On y apprend que l’école Meisei n’a finalement remporté qu’une seule fois le tournoi annuel de baseball au stade mythique de Kôshien. Les deux jeunes héros de ce nouveau manga aspirent à leur tour fouler l’herbe du stade prestigieux afin de participer à la compétition inter-écoles et, qui sait ?, peut-être remporter le tournoi.

Dans « Mix », on retrouve le style inimitable de Mitsuru Adachi : tout en rondeur, avec de superbes pleins et déliés dessinés au pinceau. Un travail de toute beauté sur les personnages, additionné de décors criant de vérité réalisés par des assistants chevronnés. Le talent de l’auteur est indéniable, tant sur le dessin que sur le scénario aux multiples rebondissements.

De plus, en reprenant le même environnement que « Touch », mais avec des protagonistes plus contemporains, correspondant aux jeunes d’aujourd’hui, Mitsuru Adachi montre qu’il a su s’adapter à son jeune public, « Touch » appartenant à la génération précédente.

Avec « Mix », le lecteur replonge dans l’ambiance et les twists scénaristiques ayant fait le succès de « Touch ». Par exemple, Les deux frères sont nés le même jour, à 10 minutes d’intervalle, mais ne sont pourtant pas jumeaux ! Les enfants découvrent que leur père faisait partie de l’équipe de baseball, mais, était remplaçant, alors pourquoi retrouvent-ils un maillot de lanceur, le poste le plus prestigieux et important de ce sport ? Ce genre d’anecdotes et de sous-entendus entrecoupent l’histoire principale tout en la renforçant. Bref, du Adachi pur jus, offrant le meilleur de lui-même.

Si vous avez grandi avec « Touch », « Mix » vous replongera avec délices dans vos souvenirs d’enfance. Quant aux plus jeunes, ils comprendront pourquoi l’animé de « Théo ou la batte de la victoire » a fait les belles heures de la télé française et séduit leurs parents. Pas besoin de connaître les règles du baseball, tout est expliqué. Il suffit de se laisser porter par les intrigues et les personnages hors normes. Bienvenue sur le terrain, le match va commencer !

Gwenaël JACQUET
« Mix » T1 par Mitsuru Adachi
Éditions Tonkam (7,99€) – ISBN : 978-2-7560-6104-7

(1) Le manga « Touch » est édité en français chez Glénat. Il comporte 26 volumes à 6,90€ unités.

About Author /

3 Comments

  • Bob
    7 ans ago Reply

    Pour un auteur soit-disant boudé en France, il est quand même vachement traduit.

  • Gwenaël Jacquet
    7 ans ago Reply

    Certains de ses titres existent bien en France, néanmoins l’engouement du public n’a rien à voir avec ce qui se passe au Japon. C’est surtout ça que j’ai voulu souligner.

  • Francois Pincemi
    7 ans ago Reply

    Il vaut mieux jouer au baise-ball en France qu’au baseball au Japon, Serge Gainsbourg avait écrit une chanson sur ce thême dans les années soixante dix (une petite partie de baise ball?)

Leave a Comment

Your email address will not be published.

Start typing and press Enter to search